“Personal branding” et expertise [fr] UPDATE
Un post intéressant (comme souvent) chez Bertrand Duperrin.
J’acquiesce, et…
Ayant récemment aidé plusieurs experts pointus à formaliser leur expertise pour eux-mêmes ou pour d’autres (PKM/ KM), je suis frappé d’une chose : il n’y a –bien souvent– pas pire expert de sa propre expertise qu’un expert :-))) (et je me suis fait coacher gentiment par l’une d’entre eux sur la question de ma –faible– conscience de certaines de mes expertises…on n’est pas plus serviable ;-) ).
C’est à chaque fois à la fois drôle et sidérant de voir à quel point l’expert est peu conscient
- de la valeur de son savoir,
- des points spécifiques de sa compétence,
- des choses qui ont une vraie valeur différenciante (pour ses clients) dans son expérience, ses compétences et ses capacités à interagir de façon appropriée avec un "profane’.
Après analyse, je relie ça à un biais dans l’attention : l’expert prête attention à l’univers de son expertise (p.ex. il est hyper-conscient de ses "lacunes" et des limites de ses compétences) et moins à l’univers des problèmes pertinents pour ses interlocuteurs –parmi lesquels on trouve : le problème "expert" à résoudre, mais aussi le besoin de comprendre, de présenter les choix de solutions à des profanes, etc.
Donc, pour revenir à la question de Bertand Duperrin : "personal branding" OK, mais pas par l’expert tout seul!
Un partenaire (coach ou autre) permettra de faire trois choses essentielles :
- Prêter attention aux "points aveugles" de l’expert et les faire formuler par lui ou elle,
- Pondérer l’importance des domaines et le poids relatif des expertises, non en fonction du seul domaine de l’expertise mais en fonction du domaine des incertitudes et difficultés des clients,
- Accompagner le processus de formalisation et de mise à disposition, en apportant la connaissance des modes de mise à disposition efficace du savoir explicité et formalisé.
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Pensées adventices :-) : [UPDATES]
Ce qui est frustrant pour moi –entre autres– dans ces discussions, c’est qu’on tourne en rond autour de concepts et de distinctions qui ne sont pas (encore?) clairement formulées et articulées; par exemple :
- Trouver le meilleur expert : oui mais… la meilleure expertise c’est la conversation entre les experts qu’on sait provoquer, piloter, nourrir, entretenir, exploiter, rendre accessible (à tous les sens du terme) à ceux qui pourraient en avoir l’usage, qui pourraient en bénéficier –l’expertise est une activité, un processus, une course de relais… (et bien sûr on pourrait rencontrer des problèmes d’ego)
- Comment manager vraiment l’expertise et son cycle de vie (voir mon post "Knowledge Lifecycle Management") ? Le travail avec les experts ramène toujours à la même idée, et au même risque, qui est celui de l’instantané, de la photographie : dès que j’ai commencé à formaliser mon expertise, elle commence à se figer… le KM c’est comme le vélo, si on arrête de pédaler, on tombe! Le Knowledge Management est une activité de production permanente –ou ça n’est pas: Pas de KM sans Kaizen! :-) . C’est par exemple une composante essentielle de l’activité d’un manager quel qu’il soit –sur laquelle il devrait être formellement évalué! (tout soft de KM doit inclure une gestion sophistiquée du versioning). Comment introduire ça au quotidien dans les activités? Que faites-vous, vous-mêmes en termes de PKM chaque jour? (j’utilise beaucoup TiddlyWiki, et je teste TomBoy depuis quelques semaines…).
- Pour le Knowledge/ le savoir, comment passer de la photo (PKM) au cinéma (KLM) et du cinéma à l’image digitale 2D puis 3D? Il y a URGENCE!!!



Je partage ton analyse et c’est pourquoi le feed-back à 360° est un élément essentiel de la démarche. Bref, c’est une démarche personnelle qu’on ne peut pas réussir sans le collectif.
Comment par Olivier Zara — 19 Sep 09 @ 12:16