Quelques pensées qui me trottent dans la tête depuis un moment; partiellement reliées aux questions de l’heure ("la crise" et tout ça), partiellement autour des sujets "organisation 2.0", "management 2.0" etc. Je n’ai pas les idées claires; le mieux c’est de raconter…
Repartons des "postulats" de base :
- Le management, c’est l’art et la manière de faire marcher une organisation
- Il y a organisation s’il y a besoin de coopération
- La coopération s’organise autour des problèmes à résoudre (sinon…)
- Quand les problèmes évoluent, l’organisation évolue (sinon…)
- Quand l’organisation évolue, le management évolue (sinon…)
Bon.
Dans une organisation classique (Disons : de Napoléon à Taylor), le management est dit "command & control".
Ce management suppose un contexte suffisamment stable pour que la production (des résultats) puisse attendre la conception (des produits et/ou de la production).
Dans ces organisations (type structure divisionnalisée chère à Alfred P. Sloane –ô mânes de General Motors!) le management a une fonction centrale de remontée des informations, analyse, synthèse et input dans les décisions stratégiques.
Depuis quelques semaines ou quelques mois (soyons charitables), le contexte est suffisamment instable pour que les structures classiques (même très bonnes) soient complètement dépassées :
- Les informations sont surabondantes et très complexes,(Pour Enron, toutes les informations étaient publiques et connues; presque personne n’y comprenait rien –voir un vieux post
que je rechercherai dqp et voir ci-dessus )
- Les expertises à confronter sont de plus en plus nombreuses,(Une entreprise vend et livre de l’eau minérale jusqu’au Japon ; quelqu’un décide –pour de bonnes raisons locales– d’augmenter la hauteur du carton d’1mm… renvoi d’un conteneur de cartons par le client Japonais : les cartons étaient voilés, du fait que le couvercle ne reposait plus sur les bouteilles…marchandise inacceptable!)
- La vitesse de propagation est de plus en plus rapide, (Lehmann Brothers???)
- Les conséquences d’une action sont de plus en plus imprévisibles…(les subprimes; et pourtant…)
Dans ce contexte, les rôles des acteurs en présence évoluent radicalement:
- Dans le monde "command & control", on avait des acteurs passifs, purs « récepteurs » (séparation conception/ exécution),
- Dès Mayo et l’école "des Relations Humaines", on reconnaît (bon gré mal gré) l’importance des facteurs humains de la production : motivation, information, stimulation, leadership,
- Quand les organisations deviennent complexes, elles exigent un accroissement de la variété requise, de la participation engagée de tous les acteurs,
- Quand on se trouve de surcroît dans le cas de structures de spécialistes (de plus en plus nombreuse) ce besoin d’engagement se démultiplie : « l’expertise est une conversation », l’organisation n’est performante que si elle est en même temps apprenante et "réticulaire" ("en réseau"),
- Dans le contexte actuel de complexité accrue, la question des facteurs humains de l’efficacité du groupe est une question de vie ou de mort : sentiment d’appartenance, ajustements mutuels, contacts, interactions nombreuses, vitales; la professionnalisation de tous les métiers conduit à la démultiplication des expertises; prendre la parole n’est plus un droit, c’est un devoir, une urgence absolue.
Le mode de management devient du type "do & report", se rapproche de l’hyper-temps-réel des militaires (voir la guerre du Golfe)… définition des missions critiques et des domaines de validité des critères de réussite + autonomie des expertises + échanges multilatéraux engagés…
Bon.
Quid de l’organisation 2.0 et du management y afférent ? Et FaceBook + Twitter ? Connaissez-vous BlueKiwi ? Avez-vous vu Yammer ? Comment faire repartir "la machine" ?
Des idées ?