L’intranet sépare?

Plusieurs cas récents observés en entreprise :

  • des gens dans le même bureau qui comuniquent par mail,
  • des fonctions de l’encadrement qui sont "automatisées" sur le site/ l’intranet (congés, notes de service),
  • des réunions remplacées par un rassemblement de notes dans un dossier partagé, avec quelqu’un qui produit une synthèse pour tout le monde…

AU départ, pas de quoi fouetter un chat dans chacun de ces exemples pris isolément (encore que… le cas du Technocentre Renault Vient à l’esprit); mais (et je reviens à ça)…

Quand ces exemples se retrouvent dans la même entreprise, et qu’ils s’accompagnent d’un bruit de fond de plus en plus net, qui parle de solitude, de stress, de découragement, d’incompréhensions qu’on ne connaissait pas "avant"…

Il me vient une idée  un peu violente : dans certains cas, l’intranet transforme une équipe réelle en équipe virtuelle…

 L’équipe réelle (en présence, qui se réunit physiquement à un rythme approprié) devient virtuelle (à distance, sans contacts réguliers –dans le monde physique– ni organisés)  avec rapidité, dans des conditions hélas faciles à organiser :

  • individualisation des tâches et de l’évaluation,
  • fragmentation des tâches,
  • augmentation de la pression,
  • baisse de confiance envers l’institution,
  • fatigue généralisée…
  • augmentation des tensions et des conflits,
  • stress…
Toute resemblance avec des situations réelles actuelles dans des entreprises que vous connaissez ne saurait être fortuite!!!

Microsoft/Yahoo : c’est pas ce que vous croyez [en]

Intéressantes remarques chez Hugh McLeod/ GapingVoid :

[…] The recent Microsoft offer […] is not just about "Search" and "Taking on Google". Like I told Dave Winer […] "The thing that might save MSFT long-term is a massive infusion of Silicon Valley DNA. That’s why I think they’re offering Yahoo the $40billion."

All companies, no matter what the size, have a their own, unique cocktail of four different forms of capital- Financial, Intellectual, Technical and Cultural. Microsoft is relatively fine with the first three. But in the next few years, it’s with Number Four that the really BIG problems AND BIG opportunities will show themselves. [c’est moi qui souligne]

 Deux idées à creuser, isn’t it?

Contrôler son mail [en]

Excellent post chez Tim Ferris (je n’ai pas lu son livre; je suis sûr que je devrais) sur : comment contrôler notre addiction à /le volume de mails que nous traitons chaque jour : [un résumé]

1. “Batch” email at set times.

2. Send and read email at different times.

3. Don’t scan email if you can’t immediately fix problems encountered.?

4. Don’t BIF people during off-hours..

5. Don’t use the inbox for reminders or as a to-do list.

6. Set rules for email-to-phone escalation.

7. Before writing an email, ask yourself: “what problem am I trying to solve?” or “what is my ideal outcome?”

8. Learn to make suggestions instead of asking questions.

A lire et à méditer… et je fais un bon nombre des erreurs qu’il critique! 

(J’avais résumé mes pensées sur le sujet ici et ici

 

Michael Schrage : Un espace partagé pour collaborer [en] Attention : post long!

Je retrouve ce post [que j’avais cité il y a longtemps ici]; j’ai relu l’interview en référence, et je suis sérieusement fasciné.

 I believed in the cliché that it takes creative individuals to generate creative results.

However, in researching the histories of disciplines like biotech and software development […], what I really found at the core of innovation weren’t only creative individuals, per se, but rather creative relationships. Intriguingly, the key medium for managing those creative and innovative relationships was the shared space. I found that all collaboration, without exception, requires shared space. Examples abound, […].(c’est moi qui souligne).

 Voilà qui remet les choses en perpective : des individus créatifs, bien sûr, mais dans des relations elles-mêmes créatives; et supportées par un espace partagé. 

I found in my research […] that collaboration was grossly underreported in the literature on creativity and design and learning.

My key observation was that it takes shared space to create shared understanding. Moreover, the properties of the shared space shape the quality of the collaboration.This is important because the way you collaborate around the shared space of the whiteboard, for example, is different than the way you collaborate around the shared space of a software prototype, or a clay model,[…].

La collaboration est un élément essentiel de la création quelle qu’elle soit; et cette collaboration suppose une compréhension mutuelle; et cette compréhension exige l’existence d’un espace partagé.

Consider a conversation. In a diagram, the conversation is represented by a dotted line going back and forth between the sender and receiver. The interaction changes dramatically when you add a shared space. Most of us have had the experience of getting into a friendly discussion over lunch with a friend or colleague, when you pull out a pen and begin writing on a napkin or a piece of paper, and the other person says, "No, no, that’s not what I mean." Then they take the pen and paper from you and mark it up to modify what you were saying, and you begin conversing around the images on the paper. If a waiter were to come by and remove that paper, the conversation would go away. You are no longer talking to or with that other person. You are talking with the other person through a medium, a reference point or shared space that becomes like a little capture device, a little reflector of the conversation. It changes the point of reference for what is going on. The shared space fundamentally transforms the dynamics, not just of the representations, but also of the interaction between people. It changes the ecology of the interaction.

La fameuse expérience (que nous avons tous faite) de commencer une discussion au restaurant; puis de saisir une serviette en papier et de commencer à griffonner dessus… créant ainsi un espace partagé qui va modifier fondamentalement la nature de la conversation (à écrire un de ces jours ‘Louange de la serviette en papier’, dans le style de St John Perse ou d’Alexandre Vialatte, au choix ;-))

You know you have a good idea when you tell somebody about your idea and they respond, "That’s a good idea. Have you thought about X, Y, or Z?" That is the essence of a shared space-a platform through which other people can add value or interpret the shared space and help it become more valuable. The best shared spaces are an invitation to innovation. That’s a measure; a metric; a heuristic.

Re-cadrage sec de ‘la bonne idée’ : pas celle qui fait l’admiration de tous, mais celle qui provoque des réactions, des ajouts, des contributions… celle qui invite à la collaboration!!!

Very often the most rational and obvious thing to do, in certain cases, is to build a quick and dirty model and test it to find out what it is you need to learn, or to see how people actually interact.

Parce que la conversation autour du prototype (même "quick & dirty’) va changer radicalement de nature; pas les positions de principe, les inférences invérifiées, les affirmations impossibles à tester; mais un vrai test dans la réalité, avec un objet qui concentre l’attention, et qui réagit quand on le change ("si vous voulez savoir comment une chose fonctionne, essayez de la changer"). 

Être vigilant ? [fr]

Bon papier, simple et clair de Jacques Froissant d’Altaïde [via Bertrand Duperrin, comme souvent].

C’est un éclairage réaliste sur des situations que je rencontre fréquemment chez mes clients (dans mes formations ou en coaching).

J’y ajouterait peut-être  (j’insiste) la dimension collective : être à plusieurs pour échanger (entre pairs), s’épauler…

Mieux que gratuit? [en]

Trouvé chez Christian Nitot (une mine), ce post extrêment pertinent dans un blog que je ne connaissais pas(Kevin Kelly?)… et je rêve tranquillement aux applications possibles à mes produits… pas simple, mais stimulant. (peut-être à suivre).