Pareto est mort; vive Zipf !

Un excellent article —comme toujours— de Jakob Nielsen, sur la participation on line [via —comme souvent— Confused of Calcutta; ce type écrit plus vite que son ombre!].

Vous vous souvenez probablement de la fameuse loi de Pareto, dite aussi loi des 80/20 : 80% des événements sont dûs à 20% de causes les plus fréquentes… Nielsen montre —après observation— que dans le cas des intervenants sur le web (sur un site ou sur Wikipédia), cette répartition ne prend pas la forme 80/20 mais plutôt un forme du type 90/9/1 (loi de Zipf), avec :

  • 90% des gens qui "observent en silence" (’Lurkers’)
  • 9% qui interviennent peu, et
  • 1% qui donnent 90% des contributions…

Cette observation recoupe tout à fait mon expérience sur une liste à laquelle je participe depuis des années; j’observe d’ailleurs que j’ai changé de statut au fur et à mesure du temps : j’étais dans les 1%, j’ai rejoint les 9% et je suis maintenant dans les 90%; le tout en fonction de ma désimplication progressive dans le sujet… 

[U] Ça explique aussi sans doute le peu de commentaires sur ce blog et sur d’autres… :-) 

La question devient—naturellement : est-ce la même répartition off line ? P.ex. dans l’entreprise ?  

L’analyse de Nielsen est en durée instantanée (statistiques de fréquentation à date) mais ne semble pas permettre une analyse logitudinale ("par cohorte", càd en suivant l’évolution des comportements individu par individu, comme dans mon exemple); d’autre part, la relation en entreprise est off line, en interaction fréquemment directe (face-à-face ou contact téléphonique + mail).

Mon hypothèse est que —pour la plupart des gens— la relation on line facilite les comportements de —disons— désengagement. Et donc que plus on ira vers des relations médiates dans l’entreprise, plus on risque statistiquement de voir se développer des comportements "d’anonymisation" comme les mauvais usages du mail.

Qu’en pensez vous ?

[UPDATE]:

Je repense à un post récent —dont je n’étais pas peu fier et qui a été accueilli par un silence assourdissant ;-)— qui aborde le problème par l’autre bout : comment faire que web2.0 rapproche les gens; facilite l’entrée en contact, plutôt que d’éloigner, d’anonymiser…